Delphine et Maxime se sont rencontrés à 14 ans dans un skate park, lui du Nord de la France, elle du Sud. De là est née l’idée d’ »Entre2Poles » : ces deux pôles géographiques qui se rejoignent, cette attraction entre deux mondes que rien ne prédestinait à se croiser. Huit ans plus tard, ils sont photographes et vidéastes professionnels, ambassadeurs Sony, et vivent depuis deux ans et demi dans un 4×4 cellule entièrement reconstruit de leurs mains. Leur destination finale : le Japon, par la voie terrestre depuis la France. Leur objectif : y mettre le plus de temps possible.
Sur ce chemin, le Kirghizistan devait être une étape. Il est devenu un chez-soi. Huit mois cumulés dans ce petit pays de haute montagne d’Asie centrale, quatre-vingt-dix pourcent de son territoire perché au-dessus de 1500 mètres, où la culture nomade est encore profondément vivante. Deux familles d’éleveurs rencontrées sur la route d’un lac glacé, des yourtes construites à l’aube dans la montagne, des tablées de Koumis partagées jusqu’au coucher du soleil, et au bout du chemin, un cadeau si précieux dans la culture kirghize qu’ils en ont pleuré.
Dans cet épisode en deux parties du podcast voyage Good Visa, Delphine et Maxime racontent leur immersion totale dans la vie kirghize : les paysages qui oscillent entre canyons rouges et mer intérieure, les chevaux qui sont « les ailes des Kirghizes », la transhumance vécue de l’intérieur sur un camion soviétique, et cette philosophie de voyage qui les a transformés : dire oui aux invitations, ralentir le rythme, vivre avec les saisons.
Car pour Delphine et Maxime, le Japon n’est qu’un fil rouge. Ce qui compte vraiment, c’est tout ce qui se passe entre les deux.
🎧 Partie 1 — Quand un voyage change le cours d’une vie
🎧 Partie 2 — Un cadeau inestimable et la réalité du voyage nomade
Les références :
- Instagram de Delphine et Maxime : @entre2poles
- Chaîne YouTube : @entre2poles
- Film complet : Un hiver au Kirghizistan
- Épisode YouTube sur le Kirghizistan : épisode 17 et épisode 18
- Leur site internet
- Pauses musicales : Aleksey Chistilin, Cold Cinematic Landscape
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Le podcast Good Visa est produit et présenté par Camille Merel.
Musique : Camille Merel
Chapitres — Partie 1
Chapitres — Partie 2
Le Kirghizistan à travers les yeux de Delphine et Maxime : 8 mois adoptés par les nomades
Ils devaient passer quelques semaines au Kirghizistan. Ils y ont passé huit mois. Et ils y retourneront. Dans ce double épisode du podcast voyage Good Visa, Delphine et Maxime d’Entre2Poles racontent comment un petit pays de haute montagne d’Asie centrale est devenu leur deuxième chez-soi, une yourte construite sous la pluie à la fois, un bol de Koumis à la fois, un adieu déchirant à la fois.
Delphine et Maxime, Entre2Poles : une route sans fin vers le Japon
Il faut d’abord raconter l’histoire d’un 4×4 cellule acheté en 2021, entièrement démoli puis reconstruit de A à Z pendant deux ans. Un véhicule « à peu près pourri » selon leurs propres mots, devenu leur maison. Partis officiellement de France en mars 2024, Delphine et Maxime ont une destination en tête : le Japon, par la voie terrestre. Mais leur objectif avoué est de l’atteindre « le plus lentement possible ». Car le Japon n’est qu’un fil rouge. Ce qui compte, c’est tout ce qui se passe entre les deux.
Photographes et vidéastes professionnels, ambassadeurs Sony depuis plusieurs années, ils ont construit leur entreprise à deux il y a cinq ans, après avoir quitté leurs CDI et situations confortables. Leur nom, Entre2Poles, raconte leur histoire : lui du Nord de la France, elle du Sud, des allers-retours incessants pour se rejoindre chaque week-end, et ce sentiment que leur vie se jouait toujours quelque part entre deux endroits, entre deux mondes. Et maintenant entre deux continents.
Le Kirghizistan, un pays de haute montagne au cœur de l’Asie centrale
Trois fois plus petit que la France, sept millions d’habitants, et quatre-vingt-dix pourcent de son territoire perché au-dessus de 1500 mètres d’altitude. Voilà le Kirghizistan en quelques chiffres. Mais ces chiffres ne disent rien des canyons rouges immenses qui évoquent l’Arizona, ni du lac Issyk-Koul, cette mer intérieure si grande qu’on ne voit pas le bout, ni des glaciers suspendus au-dessus des vallées verdoyantes. Camille demande à Delphine quelle image elle avait du Kirghizistan avant d’y arriver. « Des hautes montagnes, du blanc et du vert. » Ce qu’ils ont trouvé a dépassé tout ça de très loin. « C’est fascinant. À chaque trajet, tu sais que tu vas avoir cette mosaïque de paysages différents. »
Les chevaux, les ailes des Kirghizes
Il existe au Kirghizistan une expression qui dit tout : « Les chevaux sont les ailes des Kirghizes. » Après huit mois dans le pays, Delphine la comprend profondément. « Dès qu’ils grimpent sur leur cheval, ils deviennent autre chose. C’est une prolongation d’eux-mêmes. » Les enfants apprennent à monter à deux ans, posés sur la selle par leurs parents. Delphine et Maxime ont vu un garçon de cinq ans partir seul au galop pour aller chercher un troupeau de cent brebis égarées, et le ramener. Le tunduk, ce cercle de bois sacré qui maintient la structure du toit de la yourte, est représenté sur le drapeau kirghiz, symbole visible de cette culture nomade encore profondément vivante.
L’art de dire oui : une hospitalité sans fin
Delphine et Maxime avancent lentement. Ils ne se mettent pas de pression de temps. Et c’est cette philosophie qui leur a permis de vivre des moments que peu de voyageurs connaissent. Nikolaï, l’apiculteur chargé de surveiller ses ruches dans un champ de montagne, se met à leur rendre des visites quotidiennes, leur apporte des fleurs séchées pour des infusions et du miel tout juste extrait. « Il veillait sur nous comme un père veillerait sur ses enfants venus à la maison. »
Mais c’est la rencontre avec la famille de Maries qui illustre le mieux l’esprit kirghize. Un pneu crevé sur la piste menant au lac Song Kul. Ils s’arrêtent, sortent leur compresseur et réparent. À peine les ont-ils aidés que la mère de famille dit en kirghize, filmée sans le savoir : « Il faut qu’on les invite à la maison. » « Maxime était encore en train d’aller chercher le compresseur. On n’avait encore rien fait. » Résultat : quelques jours passés dans les yourtes ancestrales de la famille, une nuit sur le sol parmi toute la famille, et le Noël suivant fêté ensemble à Bichkek avec dinde, bûche de Noël et photos imprimées en cadeaux mutuels.
Le Koumis et les rituels de table
La culture kirghize se goûte aussi dans l’assiette. Le Koumis, ce lait de jument légèrement fermenté et pétillant, légèrement alcoolisé selon les familles, est bien plus qu’une boisson. C’est un signe de respect profond offert aux invités. « Ils le boivent comme des enfants boivent leur chocolat chaud, les yeux fermés, avec le bol dans les deux mains. » Chaque repas de viande est précédé d’un sacrifice rituel : l’animal est toujours remercié. Sa carcasse est distribuée selon un code millénaire, les parties les plus nobles aux anciens et aux invités, et une prière, l’Omi, dite à voix haute avant que chacun se serve.
La famille de Timour : « Ma maison est votre maison »
En hiver 2024, Delphine et Maxime cherchent à atteindre le lac Song Kul gelé. Un contact les met en relation avec Timour, éleveur kirghize. Le premier message est mémorable : « Venez chez moi, peu importe le temps que vous resterez. Ma maison est votre maison. » Ils ne se sont jamais rencontrés. Ils arrivent sans plan, sans date de départ. Le premier soir, c’est l’anniversaire du petit frère. On les invite à la table, on leur donne une chambre. S’installe alors un quotidien tout simple : ramasser le fumier des chevaux le matin, aider aux soins des animaux, jouer aux cartes, prendre les repas ensemble. Des discussions longues autour du poêle sur le bonheur, la consommation, et cette question que Timour leur pose avec curiosité : « Mais pourquoi en France, vous ne voyez pas vos animaux mourir ? »
La transhumance : six yourtes sur un camion soviétique
Au printemps, ils reviennent comme promis pour participer à la transhumance. Un camion soviétique imposant, « un monstre d’acier », charge les pièces de six yourtes démontées, les couvertures de feutre, les cordes, les tapis tissés à la main par la grand-mère. Départ à l’aube dans le noir, passages de rivières et de boue, pentes que le vieux camion gravit contre toute attente. Arrivés au campement d’été, commence un travail colossal : monter six yourtes en une journée. « Un expert kirghiz monte une yourte en quarante-cinq minutes. Il faut d’abord trouver le bon équilibre du Tunduk au millimètre. Moindre déviation, les bâtons ne rentrent plus. » Une dizaine de personnes au travail, toute une journée, pour installer la vie en montagne pour la saison.
Un poulain offert au coucher de soleil sur le lac Song Kul
À la fin de la transhumance, Delphine et Maxime arrivent avec leurs petits cadeaux soigneusement préparés : un film en projection privée, des photos imprimées, des objets choisis pour chaque membre de la famille. La famille de Timour a une autre idée. Ils arrivent tous bien habillés, solennels. Timour prend la parole. Ce qu’il annonce dépasse tout ce qu’ils auraient pu imaginer : la famille leur offre un poulain. Une de leurs meilleures juments a mis bas cette année. Ce poulain, il est pour eux. « Dans toute leur vie, ils n’ont offert un cheval qu’une seule fois : au mariage de Timour. » Offrir un cheval dans la culture kirghize, c’est le signe le plus fort de respect et d’affection qu’on puisse exprimer.
La scène qui suit, Delphine s’en souviendra toute sa vie. La fin de journée sur le campement. Les lumières du coucher de soleil sur le lac Song Kul. Du haut des montagnes qui descendent doucement vers l’eau, un troupeau de chevaux qui surgit au galop. Timour s’arrête de peindre la yourte, regarde les chevaux, se retourne vers Delphine et lui dit doucement : « Tu trouves ça beau ? Il y en a un qui est à toi. »
La réalité de la vie nomade, sans filtre
Camille demande à Delphine et Maxime de parler de la réalité derrière les images. « On ne vit pas notre meilleure vie. On vit la vie qu’on s’est choisie. » La frontière entre voyage et travail n’existe pas vraiment : certains mois, c’est cinquante pourcent de temps en création de contenu, montage, développement de leur entreprise. D’autres, plus. L’espace de vie, c’est cinquante mètres carrés pour deux personnes qui travaillent, voyagent et vivent ensemble sans interruption depuis deux ans et demi. La distance des proches reste « une des plus grosses contreparties ». Ce qui les porte ? La communication, la discussion, l’écoute mutuelle. « Quatre-vingt-quinze pourcent du temps, quand on fait ça, tout va bien. »
Le Japon peut attendre
En 2026, Delphine et Maxime passeront l’hiver en Mongolie, là où tout a commencé, là où la flamme nomade s’est allumée pour la première fois. Puis le retour au Kirghizistan pour les World Games 2026, un projet d’ampleur encore en construction. Et le Japon ? Toujours là, en filigrane. « Plus on mettra de temps à y arriver, plus ça voudra dire qu’on aura eu envie d’approfondir les choses. » Et pendant ce temps, un poulain grandit quelque part en altitude, sur les bords du lac Song Kul, en attendant qu’ils reviennent.
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