Léo Jolly s’est longtemps appelé « Monsieur Rêve » dans sa tête avant d’en faire un projet. Enfant, il bégayait en français. En anglais, comme par miracle, les mots sortaient sans accroc. Les voyages sont alors devenus une fuite, une façon de se retrouver dans une langue qui ne l’empêchait pas de vivre. Puis le dessin est arrivé, les pastels dans les rues de Copenhague pendant son Erasmus, et une découverte fondamentale : dessiner dans l’espace public transforme l’artiste en aimant. Les gens viennent d’eux-mêmes. Les conversations s’engagent. La peur sociale disparaît.

De fil en aiguille, une question a fini par s’imposer, une question qui allait l’emmener à pied dans le plus grand désert de sel du monde, à 3800 mètres d’altitude en Bolivie, pendant 70 jours : de quoi rêvent les gens à l’autre bout du monde ? Neuf cents kilomètres à pied. Trente-deux villages traversés. Cent vingt rêves recueillis à l’aquarelle auprès des communautés ancestrales Aymaras et Chipayas. Et un film documentaire, « Les rêves du désert », comme trace vivante de cette aventure sur le courage de rêver.

Dans cet épisode du podcast voyage Good Visa, Léo raconte tout : le premier voyage en Bolivie en 2016 et le déclic dans le désert qui a redessiné sa vie, le retour armé d’un projet et d’une promesse faite à lui-même, la récolte des rêves comme acte intime et courageux, et la surprise réservée à l’audience à la toute fin de l’épisode.

Un épisode qui, plus que tout autre, vous invite à prendre le temps de rêver.

Les références :

✅ N’oubliez pas de vous ABONNER sur votre plateforme préférée pour écouter les prochains épisodes !

⭐️ 5 étoiles et un avis (même très court) pour soutenir le podcast, ça m’aide beaucoup ! MERCI !

Découvrez le compte Instagram du podcast avec des contenus exclusifs : @goodvisapodcast

Le podcast Good Visa est produit et présenté par Camille Merel.

Musique : Camille Merel

Note : 5 sur 5.
03:00
Les voyages comme une fuite, l’art comme une solution ?
Léo bégayait enfant en français. En anglais, les mots sortaient librement. Le voyage est devenu une fuite, puis le dessin a pris le relais : d’abord seul dans la rue à Copenhague, puis avec les Inuits du Groenland, jusqu’à comprendre que l’art est le langage universel par excellence.
08:59
Pourquoi la Bolivie ? Premier voyage coup de cœur
Un professeur parle à Léo d’un restaurant gastronomique bolivien qui travaille avec toutes les communautés du pays. Léo part pour un reportage et finit par vivre un mois dans le désert avec des producteurs de quinoa. Un coup de foudre pour une terre, un peuple, et un sens de vie tout neuf.
15:19
Le premier déclic dans le désert
Dans le désert avec Pedro et sa famille, Léo découvre pour la première fois le lien entre le monde visible et le monde invisible : la Pachamama, les rêves qui guident les semailles, la cérémonie sacrée avec la coca au milieu du Salar. « Jamais je n’avais compris qu’il pouvait y avoir un lien entre ses rêves de la nuit et ce qu’on fait le jour. »
20:32
Retour en Bolivie : affronter ses peurs
Il avait promis de revenir. Mais retourner, c’est affronter des peurs concrètes : l’altitude, la solitude des 900 km à pied, et la peur que son projet soit trop superficiel pour être reçu par des communautés ancestrales. Comment transformer la peur en carburant.
25:14
Recueillir les rêves des habitants
La méthode : s’installer, attendre que la confiance vienne, peindre à l’aquarelle pendant l’échange, et demander le rêve de la nuit précédente. Cent vingt rêves, trente-deux villages, la patience comme outil principal.
40:01
Prendre le temps de rêver
Pourquoi rêver est un acte de courage, pas une évidence. Ce que les communautés Aymaras et Chipayas lui ont appris sur la place du rêve dans la vie collective. Et comment cette philosophie résonne dans nos sociétés où rêver passe souvent pour de la paresse.
47:00
Rêves recueillis : ses préférés
Léo partage les rêves qui l’ont le plus touché parmi les cent vingt récoltés. Des témoignages intimes, souvent simples, parfois bouleversants, qui disent quelque chose d’universel sur ce que les humains espèrent, redoutent et désirent.
50:33
Expérience inédite : la surprise de la fin
À l’image de son projet en Bolivie, Léo réserve une surprise à Camille et à tous les auditeurs. Un moment suspendu, inattendu, qui complète parfaitement l’invitation lancée tout au long de l’épisode. À écouter jusqu’au bout.

Léo Jolly en Bolivie : 900 km à pied pour recueillir les rêves des habitants à l’aquarelle

De quoi rêvent les gens à l’autre bout du monde ? C’est la question qui a conduit Léo Jolly, alias Monsieur Rêve, à traverser à pied le Salar d’Uyuni en Bolivie pendant 70 jours, à 3800 mètres d’altitude, pour recueillir 120 rêves à l’aquarelle auprès des communautés ancestrales Aymaras et Chipayas. Dans cet épisode du podcast voyage Good Visa, il raconte une aventure qui est aussi une invitation profonde : rêver est un acte de courage.

Bégaiement, art et voyage : comment tout a commencé

L’histoire de Léo commence enfant, avec le bégaiement. En français, les mots butaient. En anglais, ils sortaient librement. Le voyage est alors devenu une fuite douce, une façon de se retrouver dans une langue qui ne l’entravait pas. Et c’est en fuyant qu’il a trouvé. D’abord le pastel, découvert pendant ses études d’architecture du paysage. Ensuite, les rues de Copenhague pendant son Erasmus, où il a compris quelque chose de fondamental : dessiner dans l’espace public transforme l’artiste en aimant social. Les gens viennent d’eux-mêmes. Et puis le Groenland, trois mois avec les Inuits en 2020, avec une question : peut-on créer quelque chose ensemble sans partager une seule langue ? La réponse a été oui. Depuis, dans chaque voyage, Léo organise des ateliers de dessin gratuits. Un geste de réciprocité. « Je reçois beaucoup des pays qui m’accueillent. Mais qu’est-ce que je leur donne ? »

La Bolivie, le premier amour

En 2016, un professeur parle à Léo d’un restaurant gastronomique bolivien qui travaille directement avec toutes les communautés du pays pour promouvoir les produits locaux. Léo part pour un reportage et finit par demander à Pedro, agriculteur de quinoa, de le laisser vivre un mois avec sa famille dans le désert. Pedro dit oui. Et Léo participe à tout : semer le quinoa dans les conditions extrêmes du Salar (gel nocturne, vent constant, sol saturé de sel), nourrir les lamas, assister aux cérémonies sacrées. Dans la grande plaine de sel, autour d’un feu nourri de plantes séchées, les communautés Aymaras réveillent la Pachamama avec de la coca et des prières dans le silence de l’altitude. « Jamais je n’avais compris qu’il pouvait y avoir un lien entre ses rêves de la nuit et ce qu’on fait le jour. »

La promesse faite à lui-même

En quittant le désert, Léo fait deux promesses. La première : devenir explorateur. La seconde : revenir. Les années suivantes, il traverse les Balkans à pied (1300 km de l’Albanie à la Croatie), passe trois mois au Groenland, et laisse mûrir une idée. Recueillir les rêves des habitants des terres isolées. Pas les rêves de vie au sens métaphorique, les vrais rêves de la nuit. Ceux que les Aymaras utilisent comme boussole pour décider quoi semer, quand récolter. Et pourquoi l’aquarelle ? Parce que peindre devant quelqu’un crée un espace de confiance. Parce que quand on regarde naître quelque chose sous ses yeux, on se confie plus facilement.

900 km à pied, 70 jours, 120 rêves

En retournant en Bolivie, Léo affronte ses peurs : l’altitude, l’isolement, la peur que les communautés ne veuillent plus de lui, la peur que son projet soit perçu comme superficiel. La méthode de collecte est simple dans le principe, complexe dans l’exécution. S’installer. Attendre. Observer. Participer aux tâches. Et quand la confiance est là, sortir le carnet, peindre à l’aquarelle en écoutant, et poser la question du rêve de la nuit précédente. Trente-deux villages. Cent vingt rêves. Les communautés Aymaras et Chipayas, deux peuples ancestraux qui vivent dans l’un des environnements les plus hostiles de la planète depuis des millénaires. Ce que ces rêves disent ? Quelque chose d’universel : l’amour, la famille, la peur de la perte, l’espoir de voir les enfants grandir. « Rêver est un acte de courage. »

Le Salar d’Uyuni : un paradis surnaturel

Le Salar d’Uyuni, c’est 10 000 km² de sel blanc à perte de vue, entouré par la Cordillère des Andes et ses volcans sacrés. À 3800 mètres d’altitude, la lumière est spéciale, filtrée par les couches de sel qui peuvent atteindre 110 mètres de profondeur. Quand une fine couche d’eau recouvre le désert après la pluie, le ciel s’y reflète et on a l’impression de marcher sur les nuages. Les communautés qui vivent autour ont construit une économie entière sur le quinoa, la seule plante capable de résister à ces conditions extrêmes de sel, d’altitude, de gel nocturne et de sécheresse. Sans quinoa, pas de vie dans le désert. Sans le désert, pas de quinoa. Et sans la Pachamama, pas de sens à tout ça.

Le film et la communauté des rêveurs

De retour en France, Léo a transformé cette aventure en film documentaire : « Les rêves du désert », disponible sur son site Monsieurreve.com. Un film qui suit sa traversée et les rencontres qui l’ont jalonné, et qui prolonge l’invitation lancée dans cet épisode de Good Visa. La surprise réservée à l’audience à la toute fin de l’épisode répond à cette question d’une façon que vous n’attendez pas. Et Léo vous en fait la promesse : cet épisode, vous devrez l’écouter jusqu’au bout.

Mots-clés : Bolivie, Salar d’Uyuni, désert de sel, Amérique du Sud, communautés ancestrales, Aymaras, Chipayas, quinoa, expédition à pied, marche en solitaire, art et voyage, aquarelle, recueillir des rêves, Monsieur Rêve, Léo Jolly, Groenland, Inuits, Pachamama, rêves, oser ses rêves, voyage intérieur, joie, émotions, peur, courage, film documentaire, communauté des rêveurs, slow travel, rencontres humaines, podcast voyage, Good Visa

Le podcast voyage Good Visa est disponible sur Apple Podcasts, Spotify, Amazon Music, Deezer et YouTube.

Laisser un commentaire

Le podcast

Good Visa, c’est le podcast voyage, entre aventures humaines et découvertes culturelles.

Dans chaque épisode, découvrez des récits inspirants où se mêlent destinations et cultures fascinantes, mais aussi rencontres et expériences transformatrices.

Et si voyager, ce n’était pas seulement découvrir le monde, mais aussi se découvrir soi-même ?

En savoir plus sur Good Visa : le podcast voyage

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture