Thomas Mariée a 30 ans. Passionné de voyages depuis l’enfance, il se définit comme un « aventurier à son humble niveau » et aspire à devenir explorateur. Expatrié en Côte d’Ivoire, il y reçoit un kayak pour son anniversaire, un rêve de longue date qu’il avait soigneusement préparé, et commence à sillonner les fleuves ivoiriens. Une passion est née. Après un premier projet en Casamance, il pose les yeux sur une carte et tombe sur un petit pays d’Afrique de l’Ouest qu’il connaît à peine : la Sierra Leone.
Le projet : descendre en solitaire la rivière Rokel, le plus grand cours d’eau du pays, de la source à l’embouchure. Dix-sept jours, 365 kilomètres à bord d’un packraft, ce petit kayak gonflable ultra-léger de 2,5 kilos. À travers la jungle, les montagnes du nord, les villages isolés où le tourisme n’existe pas. Une aventure en totale autonomie, sans filet, dans un pays encore marqué par les cicatrices de sa guerre civile.
Ce que Thomas cherche par-dessus tout ? Les rencontres humaines. Dans cet épisode du podcast voyage Good Visa, il raconte comment chaque village est devenu une scène digne de Rendez-vous en terre inconnue : les chefs qui l’invitent, les familles qui refusent qu’il dorme sous sa tente, les adolescents qui deviennent ses interprètes, les orpailleurs clandestins qui lui jettent des pierres à l’aube, la nuit d’horreur avec les fourmis, et Daouda, ce jeune de 17 ans qui l’attendait comme s’il savait qu’il allait venir.
Son message est puissant et universel : nous nous imposons trop de barrières psychologiques. Avec un peu de préparation, on peut aller bien au-delà de ce qu’on imaginait. La Sierra Leone n’est pas que Blood Diamond. C’est un pays d’une hospitalité hors norme, qui balaie tous les préjugés. Cet épisode est une invitation à repousser ses limites.
Les références :
- Le compte Instagram de Thomas : @thomas_mariee
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Le podcast Good Visa est produit et présenté par Camille Merel.
Musique : Camille Merel
La Sierra Leone à travers les yeux de Thomas Mariée : 365 km en solitaire sur le plus grand fleuve du pays
Descendre seul en packraft le plus grand cours d’eau de Sierra Leone, de la source à l’embouchure, à travers une jungle où le tourisme n’existe pas. C’est le défi que s’est lancé Thomas Mariée, expatrié en Côte d’Ivoire, aventurier en herbe et grand curieux des peuples d’Afrique de l’Ouest. Dans ce nouvel épisode du podcast voyage Good Visa, il raconte 17 jours d’une aventure humaine et physique hors du commun.
La Sierra Leone, ce pays que tout le monde connaît sans vraiment le connaître
Quand on pense à la Sierra Leone, une image vient souvent en tête : Blood Diamond, ce film qui a gravé dans l’imaginaire collectif un pays ravagé par la guerre civile et le trafic de pierres précieuses. Mais comme Thomas Mariée l’explique dans ce podcast voyage Good Visa, la réalité est bien plus nuancée et bien plus belle. La Sierra Leone est un petit pays d’Afrique de l’Ouest d’environ 10 millions d’habitants, voisin de la Guinée Conakry, du Liberia et de la Côte d’Ivoire. Son nom a été donné en 1462 par l’explorateur portugais Pedro de Sintra, en référence au rugissement des vents et des montagnes. Ironie : il n’y a aucun lion sauvage dans le pays.
Sa capitale, Freetown, porte une histoire singulière. C’est ici qu’ont été renvoyés des esclaves affranchis venus de Nouvelle-Écosse, des Caraïbes et d’Afrique de l’Ouest, donnant naissance à une culture métissée et à une langue unique, le krio, mélange d’anglais, de portugais, de français et de langues autochtones.
De la Côte d’Ivoire à la Sierra Leone : comment un kayak change une vie
Thomas n’a pas découvert l’aventure par hasard. Expatrié à Abidjan, ses amis lui offrent un kayak pour son anniversaire. Un rêve de longue date, soigneusement préparé au fil de mois de lobbying. Il commence par explorer des sections de fleuves ivoiriens, de plus en plus longues, de plus en plus sauvages. Puis vient un premier projet en Casamance. Et un jour, avec quelques semaines de vacances devant lui, il ouvre Google Maps, élargit la carte vers l’Afrique de l’Ouest et tombe sur la Sierra Leone. « C’est un nom qui évoquait pour moi beaucoup de choses, des bribes d’histoires, mais pas mal de mystères », raconte Thomas à Camille.
Son outil ? Un packraft, ce petit kayak gonflable ultra-léger de 2,5 kilos popularisé par la marque française Mekong, qu’il a appris à maîtriser lors d’un stage dans les Hautes-Alpes. Replié dans son sac à dos, il lui permet d’alterner pagaie et portage, de s’enfoncer là où aucun bateau traditionnel ne peut aller, et d’arriver par le fleuve au coeur des villages, comme surgi de nulle part.
365 kilomètres au coeur d’une nature préservée
L’itinéraire de Thomas suit la rivière Rokel du nord au sud, de la source jusqu’à l’embouchure dans l’Atlantique. Dix-sept jours de pagaie, six à sept heures par jour sous un soleil de plomb. La Sierra Leone est l’un des pays les plus humides au monde, avec des précipitations trois à six fois supérieures à celles de la France, et plus de 30% du territoire couvert de forêts tropicales. Au nord, le fleuve serpente entre des montagnes verdoyantes. Les villages apparaissent en hauteur sur les berges, avec leurs maisons en brique, leur allée principale rejoignant le fleuve, leur puits et leurs arbres fruitiers. En chemin, des loutres, des singes, des calaos majestueux qui traversent la canopée dans un vacarme d’hélicoptère.
Des rencontres humaines comme seule boussole
Si Thomas a choisi le packraft, c’est avant tout comme moyen d’accéder à des gens. Arriver par le fleuve, c’est arriver par où personne ne vient. Les pêcheurs sont les premiers à le voir. Ils le conduisent au chef du village. Et dans 95% des cas, l’accueil est extraordinaire. Les familles refusent qu’il dorme sous sa tente. Il partage les repas, joue avec les enfants, aide aux tâches de l’après-midi. Et le lendemain matin, devoir repartir devient déchirant. « Reste un jour en plus, s’il te plaît », lui disait-on souvent.
Ses interprètes ? Des adolescents qui ont appris l’anglais à l’école et qui, ravis de pratiquer, traduisent vers le thé, le pandé ou le fulani, selon les villages du nord. Une chaîne humaine improvisée qui permet des échanges d’une profondeur inattendue. Thomas évoque ces habitants conscients des inégalités de leur pays, de la corruption endémique, mais dont l’espoir se concentre sur une seule chose : payer l’éducation de leurs enfants.
Fourmis, orpailleurs et Harmattan : les galères de l’aventure
L’aventure ne serait pas l’aventure sans ses moments difficiles. Il y a d’abord cette nuit d’horreur où, épuisé, Thomas plante sa tente sur une fourmilière sans le savoir. Réveillé à 2h du matin par des brûlures dans tout le corps, il découvre que les fourmis ont perforé sa tente et le recouvrent entièrement. « J’entendais qu’on m’arrachait le corps. » Combat d’une demi-heure, retraite en pleine nuit, mandibules encore accrochées jusqu’au lendemain.
Il y a ensuite les orpailleurs clandestins. Sur certaines sections du fleuve, des dizaines de dragues mécaniques pompent la boue pour en extraire de l’or, déversant du mercure dans l’eau et éventrant les rives. Un matin, au sortir de cette nuit éprouvante, des orpailleurs surpris prennent Thomas à partie et lui lancent des pierres. Il rame à l’adrénaline sans s’arrêter. Et il y a l’Harmattan, ce vent du Sahara qui fait basculer les températures de 35°C le jour à 10°C la nuit. Après des heures de pagaie sous une chaleur écrasante, les nuits froides usent un corps déjà à bout.
Daouda et le vrai visage de la Sierra Leone
Au bout du voyage, Thomas retient avant tout des visages. Et parmi tous, celui de Daouda, un jeune de 16-17 ans dans un village isolé à trois jours de Freetown. Après trois quarts d’heure de portage depuis le fleuve, Thomas sort de la jungle épuisé. Daouda se retourne, totalement décontracté. « Hello, how are you? Where are you from? Viens, je t’installe. » Comme s’il l’attendait. Ils passent la journée ensemble. Thomas est encore en contact avec lui aujourd’hui.
« La Sierra Leone n’est pas que Blood Diamond », insiste Thomas dans cet épisode de Good Visa. C’est un pays sûr, hospitalier, préservé du tourisme de masse, riche culturellement et humainement. Un pays à aller barouder, à pied, en kayak ou sur une plage.
Repousser ses limites : le message universel de Thomas
Camille demande à Thomas s’il est revenu transformé. Sa réponse, nuancée et puissante : pas de révélation soudaine, mais une accumulation de barrières psychologiques qui sautent. « On se met des limites qui sont juste psychologiques. Avec un peu de préparation, on peut soulever des montagnes. » L’aventure, pour lui, n’est pas une fin en soi : c’est un outil de dépassement applicable à tous les domaines de la vie, le travail, les relations, les projets. Et la suite ? Un projet en juillet 2026, et une expédition scientifique prévue pour avril 2027 sur le continent africain, une façon pour Thomas de passer d’aventurier à explorateur, un rêve qu’il cultive depuis l’enfance.
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