Vianney de Boisredon a 28 ans, il a grandi à Nantes et habite à Paris. Aventurier, attentionné, « et qui n’a pas peur de se dépasser » : c’est comme ça que ses proches le décrivent. Après une traversée de l’Atlantique à la voile, il rentre avec une frustration : il n’a pas rencontré grand monde, à part quelques dauphins. Une envie s’impose alors, profonde et presque inexplicable : partir à la rencontre des gens, vrais, inconnus, partout. Et une fascination tenace pour les steppes et l’Asie centrale. Le stop s’impose comme l’unique moyen cohérent : « Je n’ai pas le choix, je suis obligé d’aller vers l’autre. »
80 jours. 17 pays. Plus de 15 000 km. 300 véhicules. Une cinquantaine de nuits chez l’habitant. Pas d’hôtel, pas d’auberge. Juste une tente, un sac à dos, et 200 petites Tour Eiffel en porte-clés achetées au pied de la tour avant le départ, pour remercier chaque conducteur et chaque hôte. D’Aix-en-Provence jusqu’aux portes de la Chine, en passant par l’Italie, la Croatie, la Grèce, la Turquie, la Géorgie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizistan.
Dans cet épisode du podcast voyage Good Visa, Vianney raconte son voyage intérieur autant que son périple géographique. Il y a Fuat, le camionneur turc qui lui dit « Nous les Turcs, on est des gens bons, transmet ce message. » Il y a Brit, cette dame de Tbilissi qui l’accueille dans son HLM soviétique et lui dit : « Si tu étais mon fils, j’aimerais que tu sois accueilli partout dans le monde comme moi je t’accueille en ce moment. » Il y a les steppes interminables du Kazakhstan et cette certitude qui grandit : on n’a pas le choix d’avoir confiance en l’humanité.
Cet épisode est une invitation à faire confiance, à aller vers l’autre, et à cultiver la foi en l’humanité.
Les références :
- Livre de Vianney : « Steppe by Steppe » aux éditions Flammarion et en format poche J’ai Lu
- Instagram : @vianney.deboisredon
- Épisodes Good Visa évoqués : Alexandre Poussin – Madagascar en famille & Pierre-Antoine Guillotel – Islande
- Pauses musicales : Camille Merel et Aleksey Chistilin
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Le podcast Good Visa est produit et présenté par Camille Merel.
Musique : Camille Merel
Le voyage en stop à travers les yeux de Vianney de Boisredon : 80 jours, 17 pays, une quête d’humanité
80 jours. 15 000 km. 17 pays. 300 véhicules. Et une question qui traverse chaque étape : et si faire confiance aux inconnus était l’acte le plus courageux qui soit ? Vianney de Boisredon raconte dans ce nouvel épisode du podcast voyage Good Visa comment un voyage en stop jusqu’aux portes de la Chine a restauré sa foi en l’humanité, une rencontre à la fois.
Partir en stop : le choix de l’introverti qui veut se forcer à aller vers l’autre
Vianney avait 25 ans quand il a senti cet appel. Pas une décision rationnelle, plutôt un murmure intérieur qui revenait chaque fois qu’il essayait de l’ignorer. Après une traversée de l’Atlantique à la voile, il rentre avec une frustration concrète : il n’a pas rencontré grand monde. À part quelques dauphins. Et ses coéquipiers. Une envie s’impose alors, profonde et persistante : partir à la rencontre de l’autre, des vrais gens, partout. Le stop s’impose naturellement. « Je n’avais pas le choix, je serais obligé d’aller vers l’autre. » En tant qu’introverti, c’est précisément ce qu’il cherche : une contrainte bienveillante qui le sorte de lui-même.
Les deux premières semaines : résistance et reprogrammation
Le début n’est pas idyllique. En Italie, il apprend après 4 heures d’attente sous une bretelle d’autoroute que le stop y est interdit. Il doit traverser le pays par des routes de campagne sinueuses, sous la pluie, pendant une semaine. « Si j’ai déjà des problèmes en Italie, qu’est-ce que ce sera au Kazakhstan ? » Ce qu’il comprend alors : il était encore dans la logique de l’efficacité, alors que le stop exige exactement l’inverse. Accepter d’être lent. Accepter que la lenteur soit le voyage. Au bout de deux semaines, quelque chose change.
Chaque voiture, un microcosme : la sincérité que permet l’éphémère
En stop, aucun enjeu, aucun rôle à jouer. On ne se reverra pas. Alors on se confie. Vianney est monté dans plus de 300 véhicules, et à chaque fois c’est le même phénomène : des gens qui s’ouvrent, qui parlent de leur vie, de leurs souffrances, de leurs rêves. « J’étais une sorte de petit passager de leur vie pendant un instant, à qui ils pouvaient décharger des choses. » Et personne ne symbolise mieux ça que Fuat, camionneur turc d’Izmir, avec qui Vianney passe de 10h du matin à 22h du soir. À la frontière turque, dans une file d’attente de plusieurs kilomètres, ils se séparent dans les larmes. « Vianney, transmet ce message : nous les Turcs, on est des gens bons. »
Brit et la philosophie de l’accueil
Après un problème de passeport en Turquie qui faillit mettre fin au voyage du jour au lendemain, vient la Géorgie. Et Brit. Une femme d’un certain âge, seule dans son appartement d’un HLM soviétique en banlieue de Tbilissi. Elle l’accueille, lui prépare le dîner, lui propose de laver ses affaires. « Brit, pourquoi tu es aussi attentionnée ? » Sa réponse reste gravée : « Si tu étais mon fils, j’aimerais que tu sois accueilli partout dans le monde comme moi je t’accueille en ce moment. » Une vision de l’accueil comme réciprocité universelle, silencieuse, qui ne demande rien en retour. Ils parleront ensuite pendant des heures de sa vie difficile, de son mari violent qu’elle a quitté. « Avec cette inconnue si différente de moi, on a réussi à créer ce lien-là. »
Les a priori démentis, pays après pays
Vianney repère vite un phénomène répétitif. Dans chaque pays, les locaux lui déconseillent vivement le suivant. En Italie, l’Europe de l’Est serait froide et méfiante. En Europe de l’Est, la Turquie serait dangereuse. En Turquie, l’Asie centrale serait pleine de terroristes. « C’est rigolo comme on a ces a priori sur des pays que ces gens n’avaient jamais visités. » Et à chaque fois, la réalité le contredit. Cette observation le ramène à lui-même, à ses propres préjugés. « Cette hospitalité m’a appris à questionner mes propres filtres. »
Les steppes d’Asie centrale : l’immensité comme méditation
Quand Vianney atteint le Kazakhstan, quelque chose change. Le titre de son livre prend tout son sens. Il voyage quasi exclusivement avec des camionneurs sur des routes désertes où le paysage ne change pas pendant 400 km. Il se réveille après 3 heures de sommeil : même horizon. « C’était une méditation. Et en même temps, un vertige absolu. Si le camionneur me déposait là, je pouvais potentiellement mourir. Et pourtant, j’étais en paix. » L’Ouzbékistan lui offre Khiva et Samarcande, villes de la route de la soie qui sortent du désert comme des mirages. « J’avais l’impression d’être dans Aladdin. » Le Tadjikistan, avec la Pamir Highway qui longe l’Afghanistan, lui enseigne une autre forme d’hospitalité : pas une valeur, un instinct. À -25°C la nuit, les gens l’accueillaient automatiquement. « Ce n’était même pas un sujet. »
La solitude, une vieille amie
Malgré les centaines de rencontres, la solitude a été une présence constante. Les soirs sous la tente, les heures d’attente au bord d’une route, les frustrations de la barrière de la langue. « Avant de partir, passer un week-end seul chez moi me faisait peur. Maintenant, j’en rêve. » L’apprentissage : ne pas la subir mais l’apprivoiser, « l’accueillir comme une vieille amie, lui prendre la main. » Cette transformation-là est sans doute l’un des héritages les plus durables du voyage.
200 Tour Eiffel et 1000 euros pour les réfugiés
Avant le départ, Vianney achète plus de 200 petites Tour Eiffel en porte-clés au pied de la tour. Il en offre une à chaque conducteur, à chaque hôte. Et à son retour, il calcule : 15 euros économisés par nuit d’hébergement, sur une cinquantaine de nuits. Plus de 1000 euros reversés à l’association JWit Refuge Service, qui œuvre aux côtés des réfugiés en France. « Ces gens qui m’accueillaient, je voulais que ça serve à quelque chose d’autre que mon seul bénéfice. »
Le voyage comme état d’esprit
Vianney de Boisredon travaille aujourd’hui dans une agence de voyage aventure. Son livre « Steppe by Steppe » est paru chez Flammarion, avec une préface d’Alexandre Poussin, puis en poche chez J’ai Lu à 8 euros. Il l’a écrit en six mois à plein temps à son retour, comme une façon de prolonger le voyage, de revivre chaque rencontre. Ce qu’il en garde ? Camille lui pose la question. Sa réponse est honnête. « C’est un chemin. On n’arrive jamais au bout. » Mais il essaie. Et il transmet ce message, celui que Fuat lui avait confié, celui que Brit lui avait montré : « Gardons espoir. Cultivons la foi en l’humanité. On n’a pas d’autre choix. »
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