CHAPÔ
Rien ne prédestinait Ombeline à cette aventure. Elle a peur de l’eau, de l’isolement, des fonds marins. Elle est juriste d’entreprise, organisée, parfois angoissée. Quand son mari Tugdual lui parle pour la première fois de traverser l’Atlantique en voilier en famille, sa réponse est immédiate : « Ce sera pas avec moi. » Mais la vie est bien faite. Un week-end en Bretagne sur le voilier du grand-père, ses deux enfants en bas âge qui s’adaptent avec une facilité déconcertante, et quelque chose change. La petite graine est semée.
Deux ans de préparation plus tard, en août 2024, Ombeline, Tugdual et leurs deux enfants, leur fils de deux ans et demi et leur fille de quatre mois, largent les amarres depuis la Bretagne à bord d’Harmattan. Destination : la Martinique, via le Portugal, Madère, les Canaries, le Cap Vert et dix-sept jours de traversée atlantique en pleine mer. Onze mois de voyage, quatre continents, trente destinations, 1500 heures de navigation.
Dans cet épisode du podcast voyage Good Visa, Ombeline raconte comment cette femme qui avait peur de l’eau est rentrée transformée. Elle parle de la solidarité incroyable entre bateaux, des apéros improvisés entre familles françaises qui ne se connaissaient pas une heure avant, des douches à l’eau salée tous les quatre jours, de son fils qui fêtait ses trois ans au milieu de l’Atlantique, et de cette fierté absolue en voyant la Martinique après dix-sept jours sans terre.
Son message, simple et puissant : les enfants ne freinent jamais l’aventure. Ils en sont le cœur.
CHAPITRES
00:45 – Introduction
Ombeline se présente : 28 ans, juriste d’entreprise, mariée à Tugdual depuis 5 ans, mère de deux enfants, organisée, parfois angoissée, et pourtant partie un an en voilier dans l’Atlantique.
03:02 – Comment est née une telle aventure ? Un héritage familial
Tugdual a fait cette traversée enfant avec ses parents et ses six frères et sœurs, dont un né pendant le voyage. Ce rêve qu’il porte depuis 20 ans, Ombeline a longtemps répondu non, jusqu’au jour où elle a dit oui.
06:17 – La préparation en amont dans les grandes lignes
Deux ans de préparation : équipement du bateau, formation médicale à La Grande Motte (sutures, gestes d’urgence, pharmacie complète), sorties en mer d’entraînement. Tugdual capitaine, Ombeline intendante, enfants, organisation.
11:41 – Les inquiétudes d’Ombeline avant le départ
Elle avait peur de l’eau, de l’isolement, des fonds marins, de la santé des enfants en pleine mer. Et personne ne la voyait dans cette aventure. C’est précisément ce qui la rend encore plus fière d’y être allée.
14:24 – Leur itinéraire et leur « route » : +11 mois de voyage
Bretagne → Galice → Portugal → Madère → Canaries → Cap Vert → traversée Atlantique 17 jours → Martinique → Guadeloupe → Dominique → Grenadines → Saint-Barthélemy → Saint-Martin → Saint-Kitts-et-Nevis → Açores → Bretagne. Retour juillet 2025.
16:55 – Une grande partie du voyage sur terre aussi : rencontres et échanges culturels
Le bateau représente 20% du voyage. 80%, c’est les escales, les randonnées, les rencontres avec les locaux, la Dominique authentique, les criques inaccessibles autrement que par la mer, et ces paysages découverts hors des sentiers touristiques.
23:28 – Les liens entre toutes ces familles qui voyagent en bateau
Une centaine de familles françaises sur la même route. Une solidarité hors du commun : une voile prêtée, une poussette donnée, des apéros entre inconnus devenus amis. « On n’est jamais seul, et pourtant on pensait l’être. »
29:23 – Un nouveau quotidien où on s’adapte
400L d’eau pour 17 jours de traversée. Vaisselle à l’eau de mer, douches tous les quatre jours, garde-robe réduite à l’essentiel. Le quotidien qui se simplifie, et ce qu’on apprend de cette simplicité.
35:08 – Voyager avec ses enfants : une source d’inspiration
Son fils fêtant ses trois ans au milieu de l’Atlantique, sa fille qui a passé plus de temps en mer qu’à terre avant d’apprendre ce que sont les bottes et les bonnets. Les enfants comme ancre, comme moteur, comme leçon de lâcher-prise.
44:23 – Comment on gère son couple dans une telle aventure ?
24h sur 24, 11 mois, galères techniques, orages, fatigue. Tugdual que Ombeline a redécouvert. Une communication apprise dans l’urgence. Un couple sorti plus soudé, et une femme fière de s’être laissé surprendre par elle-même.
48:20 – Coup de cœur au Portugal
La Dominique d’abord, île authentique entre Guadeloupe et Martinique. Puis le Portugal dans son ensemble, et surtout les Açores : randonnées autour des cratères de volcans, ascension du Pico, accueil portugais exceptionnel pour les familles.
51:55 – Le retour en France : un vrai chamboulement
La fierté de l’arrivée en Martinique. Et puis le retour difficile : sentiment de décalage, changement de vision sur la consommation, déménagement en Normandie. « On ne pouvait pas revenir dans un appartement sans extérieur après ça. »
ARTICLE SEO
La traversée de l’Atlantique à travers les yeux d’Ombeline : 11 mois en voilier avec ses enfants
Rien ne la prédestinait à traverser l’Atlantique. Ombeline avait peur de l’eau, de l’isolement, des fonds marins. Et pourtant : 1500 heures de navigation, 30 destinations, 4 continents et 11 mois plus tard, elle rentre transformée. Dans cet épisode du podcast voyage Good Visa, elle raconte comment on dit oui à une aventure qui vous dépasse, et comment les enfants n’en sont jamais le frein.
Un rêve de 20 ans qui attendait le bon moment
Cette aventure a une origine familiale profonde. Tugdual, le mari d’Ombeline, a fait cette même traversée transatlantique enfant, entre ses 8 et 10 ans, avec ses parents et ses six frères et sœurs, dont un né pendant le voyage. Un voyage de deux ans en voilier autour de l’Amérique du Sud qui l’a profondément marqué. Depuis qu’Ombeline le connaît, il lui en parle. Sa réponse est systématique : « Oui, oui, mais ce ne sera pas avec moi. »
La graine est finalement semée lors d’un week-end en Bretagne sur le voilier du grand-père. Ombeline emmène leur fils, alors âgé de six mois. Elle s’attendait à une galère. Elle est soufflée par la facilité de l’adaptation. « Je l’avais mis dans son transat, il bougeait pas, et en fait j’ai trouvé ça très facile. » Quelque chose change. Et environ un an plus tard, elle dit oui.
Deux ans de préparation, une responsabilité de parents
Ombeline et Tugdual consacrent deux ans à la préparation. Côté bateau, c’est Tugdual qui prend les commandes, aidé par les conseils précieux de ses parents qui ont de l’expérience. Côté médical, Ombeline passe une formation de deux jours à La Grande Motte : gestes de premier secours, sutures, gestes d’urgence pour des situations d’isolement total en pleine mer. « Quand on est en plein milieu de l’Atlantique, la terre la plus proche peut être à dix jours de navigation. Les secours, ce n’est pas une option. » Une pharmacie complète est embarquée. Les rôles sont clairement définis : Tugdual est capitaine, Ombeline est l’intendante, responsable de l’organisation intérieure, des enfants, et elle seconde quand les manœuvres l’exigent.
11 mois, 4 continents, une vie entière
Ils partent le 10 août 2024 depuis la Bretagne. L’itinéraire suit les grandes routes de la navigation atlantique : la côte galicienne, Porto et Lisbonne, Madère, les Canaries de île en île, le Cap Vert, puis la grande traversée. Dix-sept jours de mer ouverte entre Mindelo et la Martinique. Une fois dans les Antilles, ils découvrent la Martinique, la Guadeloupe, la Dominique, les Grenadines, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Kitts-et-Nevis. Puis le retour vers l’Europe, les Açores, et la Bretagne en juillet 2025. Onze mois, trente destinations, 1500 heures de navigation.
Ombeline le répète à Camille : la navigation, c’est 20% du voyage. Les 80% restants, c’est les escales, les randonnées, les rencontres, les criques accessibles uniquement par la mer, les villages sans touristes. « Le bateau, c’est notre moyen de transport. Ce qu’on venait chercher, c’était voyager, découvrir d’autres cultures, faire découvrir autre chose à nos enfants. »
La traversée atlantique : 17 jours, des orages et une fierté immense
La grande étape, celle dont tout le monde parle, c’est la traversée. Dix-sept jours de Cap Vert à Martinique, avec des conditions difficiles. Beaucoup d’orages. Des nuits à assurer des quarts de surveillance. Un bateau qui secoue dans tous les sens. « Le premier jour, Tugdual m’annonce qu’il reste encore seize jours comme ça. Je suis allée pleurer dans ma cabine. »
Ce qui la fait tenir ? Ses enfants. Son fils de trois ans qui se réveille chaque matin en pleine forme, joyeux, prêt à rire et à jouer. Sa fille de sept mois qui dort à points fermés dans sa cabine, à l’avant du bateau là où ça tape le plus. « Eux ils n’ont pas peur. Ils nous ramènent aux choses simples. Ils nous font rire. Ils nous tiennent debout. » Et au milieu de cette traversée, un anniversaire fêté au-dessus de l’Atlantique. Trois bougies soufflées en pleine mer.
L’arrivée en Martinique après dix-sept jours sans voir la terre, c’est le souvenir qu’Ombeline cite quand Camille lui demande lequel elle gardera toute sa vie. « On avait rêvé de ça, on avait douté, on avait eu peur. Et là, on était fiers. Vraiment fiers. »
La solidarité entre bateaux, ou la communauté qu’on ne voit pas
On imagine facilement la traversée comme un voyage solitaire. C’est tout le contraire. Une centaine de familles françaises font la même route aux mêmes périodes. Les bateaux se recommandent les mouillages, se suivent dans les étapes, s’échangent des pièces. Ombeline raconte l’exemple d’une voile prêtée à des amis qui en avaient besoin, et d’une poussette reçue en échange parce qu’ils n’en avaient plus. « Je ne sais même pas si à terre on ferait ça avec des gens qu’on connaît pas. »
La scène qui illustre le mieux l’esprit de cette communauté se passe à la Dominique. Sur la plage, une famille française les entend parler. « Ah vous êtes français, venez boire un verre avec nous ! » Ils se connaissent depuis une heure quand l’invitation tombe : « Allez, on dîne tous sur notre bateau ce soir, chacun ramène un truc. » Pâtes, pesto, gruyère, pain. Un saladier géant. Tout le monde mange dans le même plat. « Des gens qu’on ne connaissait pas une heure avant. Et on a passé un moment incroyable. »
L’eau, le froid, la simplicité : un quotidien qui réapprend l’essentiel
Le quotidien à bord, c’est 400 litres d’eau pour toute la traversée atlantique, soit environ dix-sept jours. Pour donner une idée, un bain moyen consomme entre 150 et 200 litres. « On lavait la vaisselle à l’eau de mer. On se douchait tous les quatre ou cinq jours, à l’eau salée avec juste un rinçage à l’eau douce. » Quand ils arrivent à terre et prennent une douche de deux minutes, c’est la joie.
Cette contrainte devient une leçon profonde. « On réapprend à être heureux de choses simples. Une douche. Un repas partagé. Être tous les quatre sur une plage. » Ombeline, qui aime les vêtements et les belles choses, est partie avec un tiers de ce qu’elle avait préparé. Tugdual avait regardé ses valises et dit : « Tu prends le tiers de ça. » Elle s’en souvient en riant. « Il avait raison. Le sel et le soleil abîment tout de toute façon. »
Les enfants ne sont jamais un frein
Si Ombeline a un message fort à transmettre, c’est celui-là. Ses deux enfants, qui avaient respectivement deux ans et demi et quatre mois au départ, se sont adaptés avec une facilité qui a continûment surpris et ému leurs parents. Sa fille, au moment du retour, avait passé plus de temps sur l’eau qu’à terre. Elle a dû apprendre ce que signifiaient les bottes et les bonnets. Elle n’avait pas connu le froid.
« Les enfants nous apprennent autant qu’on leur apprend. Ils n’ont pas peur. Ils nous forcent à tenir. Ils nous ramènent aux choses simples. » Ce voyage leur a ouvert des portes qu’ils n’auraient pas ouvertes seuls. « On aurait peut-être pas vécu les choses de la même façon sans eux. »
Le couple éprouvé et renforcé
24 heures sur 24, onze mois, des galères techniques, des orages, de la fatigue. Ombeline et Tugdual se connaissaient depuis dix ans. Elle a redécouvert son mari. « Il y a des bons côtés et des moins bons, c’est la vie. » Mais surtout une communication apprise dans l’urgence. « Quand il y a une galère sur un bateau, on n’a pas le temps de se hurler dessus. On communique efficacement. » Et Tugdual comme roc. « Les moments où ça n’allait pas, je savais qu’il était là. Il ne pouvait pas me montrer ses peurs. Moi, ça me suffisait. »
Le couple est ressorti de cette aventure plus soudé. Et Ombeline garde une image : la fierté dans les yeux de Tugdual quand elle a réussi des choses qu’aucun d’eux deux n’aurait parié. « Il s’attendait pas à ça de moi. Et moi non plus. »
Le retour et ses nouvelles décisions
Le retour en France en juillet 2025 est difficile. La vie autour d’eux n’a pas changé. La leur si. « On avait fait un grand bond. Et tout le monde faisait comme si de rien n’était. » Sentiment de décalage, de nostalgie, mais aussi de clarté sur ce qui compte vraiment.
La première décision concrète : quitter leur appartement en banlieue parisienne pour s’installer en Normandie. « Je n’envisageais pas de faire vivre nos enfants dans un appartement sans extérieur après avoir connu ça. » En cours de route : le projet de rénover une grande maison de famille. Et en solo pour Ombeline : l’écriture d’un livre pratique sur l’organisation et la cuisine à bord, pour toutes les familles qui se lancent dans l’aventure. « Il y a de plus en plus de familles. Je me dis que ça peut aider. »
MOTS-CLÉS
Transatlantique, voyage en famille, voilier, Harmattan, Les Laroche autour de l’Atlantique, navigation, aventure, lâcher-prise, simplicité, Martinique, Dominique, Açores, Bretagne, solidarité entre bateaux, découverte de nouvelles cultures, vie quotidienne, enfants, parentalité en voyage, confiance en soi, enseignements de voyage, inspiration, traversée Atlantique, Cap Vert, Canaries, Madère, Portugal, Açores randonnée, voyage bateau famille, podcast voyage, Good Visa, Ombeline de la Rochefoucault, courage, rêve

Le podcast voyage Good Visa est disponible sur Apple Podcasts, Spotify, Amazon Music, Deezer et YouTube.

Laisser un commentaire

Le podcast

Good Visa, c’est le podcast voyage, entre aventures humaines et découvertes culturelles.

Dans chaque épisode, découvrez des récits inspirants où se mêlent destinations et cultures fascinantes, mais aussi rencontres et expériences transformatrices.

Et si voyager, ce n’était pas seulement découvrir le monde, mais aussi se découvrir soi-même ?

En savoir plus sur Good Visa : le podcast voyage

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture