Si vous êtes fans de Rendez-vous en Terre Inconnue, si vous avez aimé chaque fois qu’une équipe de France Télévisions est allée à la rencontre d’un peuple du bout du monde, cet épisode est fait pour vous. Camille Merel l’écrit elle-même dans le descriptif : « J’ai eu l’impression de vivre un moment digne de RDV en Terre Inconnue. » Et après écoute, on comprend pourquoi.

Au cœur de l’Amazonie brésilienne, dans l’état de l’Acre, vit le peuple Huni Kuin. Gardiens d’une sagesse millénaire, ils vivent en harmonie avec la forêt depuis des générations, reliés aux esprits des arbres, des rivières, des animaux et des étoiles. Aujourd’hui, Camille reçoit dans le podcast voyage Good Visa trois de leurs représentants : le Cacique Banē, chef de la communauté Nova Fortaleza, qui n’a quitté la forêt que trois fois dans sa vie ; Huni Pae Ibú, son fils ; et Txana Tuî, guérisseur par le chant, dont c’est la toute première sortie de la forêt amazonienne. Ils sont accompagnés d’Isabella Vieira, connue sous son nom indigène Nawa Sia, thérapeute, réalisatrice et ambassadrice internationale du peuple Huni Kuin.

La raison de leur venue en France ? La projection du film documentaire « Nawa Sia : les secrets de l’Amazonie », réalisé par Isabella à la demande du leader de son peuple, devant des salles combles à Monaco et à Mérignac. Dans cet épisode hors du commun, le peuple Huni Kuin répond aux questions de Camille : comment se protéger du mauvais œil ? Comment cultiver la joie au quotidien ? Quelle est leur vision de l’amour ? Et surtout : pourquoi on ne peut pas parler de protéger l’Amazonie sans protéger ceux qui y vivent ?

Un épisode comme un cercle de partage. À écouter avec le cœur.

Les références :

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Le podcast Good Visa est produit et présenté par Camille Merel.

Musique : Camille Merel

Note : 5 sur 5.
00:37
Présentations et introduction des représentants du peuple Huni Kuin
Isabella Nawa Sia, le Cacique Banē (51 ans, chef de Nova Fortaleza, 3ème sortie de la forêt), Huni Pae Ibú son fils, et Txana Tuî le guérisseur par le chant, pour qui c’est la toute première fois hors de l’Amazonie.
07:26
Leurs ressentis suite à la projection du film
500 personnes à Monaco, 500 à Mérignac. Le Cacique Banē voit pour la première fois sa culture projetée sur grand écran dans un cinéma. Des Brésiliens dans la salle en larmes. « Merci de montrer que le Brésil, c’est ça aussi. »
10:01
Le film d’Isabella : Nawa Sia, les secrets de l’Amazonie
Réalisé à la demande du leader de son peuple avec un seul photographe et sa fille de 11 ans comme régisseuse générale. C’était la toute première fois qu’un Européen entrait dans le territoire indigène.
15:30
Comment définir ce « Grand Esprit » ?
Tout a un esprit, tout a une énergie. La terre, les arbres, les rivières, la lune, les étoiles. Le Grand Esprit est la plus grosse énergie qui soit. On peut l’appeler comme on veut.
16:29
Les peintures sacrées, et comment se protéger du mauvais œil
Chaque peinture révèle le clan, la mission de l’âme et la protection nécessaire. Dès la naissance, chaque bébé reçoit sa peinture. Et comment créer une protection spirituelle en Occident : bains d’herbes, connexion à la nature, force de la croyance.
23:06
Leur connexion avec la nature
Avant de chasser, consulter le chamane, prendre la médecine. Ne jamais chasser les jeunes animaux. Remercier l’animal après la chasse. Ne rien gaspiller. Les dents et les ongles servent à l’artisanat des femmes.
25:56
La musique dans la culture Huni Kuin
Les prières sont des chants, les chants sont des prières. Ils nettoient le corps, l’esprit, libèrent les émotions et créent un lien avec la nature et les animaux. La musique sacrée comme médecine.
26:57
Comment cultiver la joie ?
« Quand est-ce que tu as arrêté de danser ? Quand est-ce que tu as arrêté de chanter ? » La joie se cultive en communauté, dans le mouvement et le partage. La grand-mère d’Isabella : « Ceux qui chantent font peur aux mauvais esprits. »
29:59
Quelle est leur vision de l’amour ?
Le peuple Huni Kuin porte « un amour très très pur. » Des bains d’herbes, des chants sacrés et des infusions pour ouvrir le chakra du cœur. Des médecines pour accompagner ceux qui traversent la dépression ou le burn-out.
32:12
Les « maux » du corps
On ne soigne pas le corps sans soigner l’état émotionnel et mental. Le corps est le miroir de l’âme. Isabella, thérapeute psycho-corporelle, confirme : une inflammation du foie peut cacher des non-dits, une douleur dans les pieds révèle un manque d’ancrage.
34:05
Communauté et place des femmes
Le travail individuel n’existe pas pour le peuple Huni Kuin. Tout se fait ensemble. Les femmes sont les piliers de la communauté, gardiennes de l’art sacré, des médecines des plantes et de la transmission.
36:35
Transmission aux jeunes générations
Les enfants apprennent en faisant, dès le plus jeune âge. Et l’urgence : l’Université du peuple Huni Kuin, 300 professeurs en formation, des écoles en langue Huni Kuin. « On ne peut pas parler de protéger l’Amazonie sans protéger les peuples qui y vivent. »
42:45
Leurs observations en France
Txana Tuî troublé par la nuit qui tombe à 22h, le Cacique Banē déconcerté par les voitures et les avions, un hérisson observé avec fascination, les fruits si différents. Et Camille qui reçoit une peinture sacrée et un nom indigène.

L’Amazonie à travers les yeux du peuple Huni Kuin : une rencontre digne de Rendez-vous en Terre Inconnue

Si vous attendiez avec impatience le prochain épisode de Rendez-vous en Terre Inconnue sur l’Amazonie, cet épisode du podcast voyage Good Visa est une invitation à aller encore plus loin. Camille Merel a eu la chance rare de rencontrer trois représentants du peuple Huni Kuin, venus directement de la forêt amazonienne au Brésil pour partager leur sagesse, leur vision du monde et leur philosophie de la joie.

Rendez-vous en Terre Inconnue, version podcast

Quand France Télévisions envoie une équipe en Amazonie, c’est pour montrer ce que peu de gens ont l’occasion de voir. Camille Merel, elle, a eu la chance encore plus rare de recevoir la forêt dans son studio. Trois représentants du peuple Huni Kuin, dont le chef de la communauté Nova Fortaleza qui n’a quitté la forêt que trois fois dans sa vie, sont venus en France pour la projection d’un film documentaire sur leur culture. Et avant de repartir, ils ont dit oui à un podcast. Comme Camille l’écrit elle-même : « J’ai eu l’impression de vivre un moment digne de RDV en Terre Inconnue. » Le peuple Huni Kuin vit dans l’état de l’Acre, en Amazonie brésilienne. Ce sont des gardiens de la forêt, au sens le plus profond : ils y vivent en harmonie depuis des millénaires, reliés aux esprits des arbres, des rivières, des animaux et des étoiles.

Isabella Nawa Sia : le pont entre deux mondes

Pour cet épisode hors du commun, les représentants du peuple Huni Kuin sont accompagnés d’Isabella Vieira, connue sous son nom indigène Nawa Sia. Thérapeute psycho-corporelle, réalisatrice, ambassadrice internationale du peuple Huni Kuin, elle est descendante d’une lignée ancestrale chamanique. Son film, « Nawa Sia : les secrets de l’Amazonie », a été réalisé à la demande du leader de son peuple, avec un seul photographe qui n’avait jamais tourné de documentaire et sa fille de 11 ans comme régisseuse générale. C’était la première fois qu’un Européen était autorisé à entrer dans le territoire indigène. Aujourd’hui, le film est projeté dans les cinémas en France devant des salles combles : 500 personnes à Monaco, 500 à Mérignac. Et des Brésiliens dans la salle, les larmes aux yeux. « Merci de montrer que le Brésil, c’est ça aussi. »

Le Grand Esprit et la vision du monde Huni Kuin

Avant de lancer l’enregistrement, une cérémonie d’ouverture non enregistrée est conduite. Isabella explique à Camille : « En Amazonie, dès qu’on fait un cercle, même le plus simple de partage, on invoque la force du Grand Esprit, la force de la nature, du vent, des rivières, de la lune, des étoiles. » Camille en ressort les yeux humides. Le Grand Esprit, pour le peuple Huni Kuin, c’est la plus grosse énergie qui soit. Mais ce n’est pas le seul. Tout a un esprit, tout a une énergie : la terre, les arbres, les rivières, les animaux, les plantes. Cette vision résonne avec ce que la science commence à confirmer : les arbres communiquent entre eux, les forêts ont leur propre intelligence. Les Huni Kuin le savent depuis toujours.

Les peintures sacrées : un langage visible sur la peau

L’une des traditions les plus fascinantes du peuple Huni Kuin est celle des peintures sacrées. Isabella porte sur son visage des géométries complexes tracées à l’encre naturelle du génipa. Un Huni Kuin qui regarde ces peintures peut lire en un coup d’œil à quel clan la personne appartient, quelle est la mission de son âme, et quelle protection elle a besoin en ce moment. Dès la naissance, chaque bébé reçoit ses premières peintures, une connexion immédiate à son identité, à sa communauté, à la protection de la forêt. Camille demande ce qu’on peut faire en Occident pour se protéger du mauvais œil. Isabella répond avec sagesse : « Tout va partir de ce que tu penses et ce que tu crois. Si tu crois qu’une prière peut te nettoyer, elle le fera. »

« Quand est-ce que tu as arrêté de danser ? »

La joie est au cœur de la culture Huni Kuin. Et leur philosophie pour la cultiver est d’une simplicité désarmante. « Quand quelqu’un n’allait pas bien, on lui posait toujours la même question : quand est-ce que tu as arrêté de danser ? Quand est-ce que tu as arrêté de chanter ? Quand est-ce que tu as arrêté de partager ? » La réponse n’est jamais individuelle : c’est toujours le collectif, la communauté, le cercle. La grand-mère d’Isabella avait une conviction : « Ceux qui chantent font peur aux mauvais esprits. » Chanter libère la joie. Dans un état de joie, les pensées et les émotions sombres ne peuvent pas s’installer.

Corps, émotions et médecines : tout est relié

La vision Huni Kuin du corps est intégrale. On ne soigne pas le corps sans soigner d’abord l’état émotionnel et mental. « Si l’intérieur ne va pas bien, forcément le corps ne va pas bien. » Isabella, thérapeute psycho-corporelle, confirme : une inflammation du foie peut cacher des non-dits. Les médecines dont parle le peuple Huni Kuin ne sont pas forcément ce qu’on imagine. Ce sont des infusions, des bains d’herbes préparés avec amour par les femmes du village, des chants sacrés. « Les femmes partent en forêt avec la personne en dépression pour récolter les plantes et lui préparer un bain. C’est très beau à voir. »

La vie en communauté : un mode de vie sans équivalent

Le Cacique Banē sourit quand Isabella lui explique qu’en Occident, il y a un « travail individuel. » Pour lui, ça n’existe pas. Tout se fait ensemble : la pêche, la chasse, l’artisanat, la médecine, l’éducation. Les coiffes et les bijoux que portent les invités ont été fabriqués collectivement. Les femmes sont décrites comme les piliers de la communauté. Ce sont elles qui transmettent l’art sacré, les médecines des plantes, les bains de guérison. Les petites filles apprennent à tresser dès leur plus jeune âge. La transmission est continue, permanente, intégrée à la vie quotidienne.

« On ne peut pas parler de protéger l’Amazonie sans protéger les peuples qui y vivent »

C’est la phrase la plus forte de cet épisode, et elle vient du Cacique Banē lui-même. « Si nous n’arrivons pas à préserver notre culture, l’Amazonie va disparaître. Parce que si on perd notre médecine, notre art, on ne sera plus dans la forêt. Et la forêt disparaîtra avec nous. » Isabella œuvre pour créer l’Université du peuple Huni Kuin : 300 professeurs actuellement en formation, pour enseigner la langue, les chants, les médecines et les traditions aux nouvelles générations. Pour ceux qui veulent soutenir concrètement ce travail, le site du film Nawa Sia propose des dons pour la reforestation et le financement des écoles.

Ce que la France a fait à Txana Tuî

L’épisode se termine sur une note lumineuse. Txana Tuî, qui sort pour la première fois de sa forêt, a découvert des choses extraordinaires. Les voitures, les avions dans le ciel, les fruits si différents, sauf les cacahuètes. Un hérisson observé avec fascination et une vraie question : est-ce qu’on peut le manger ? Et la lumière, surtout : « Quand est-ce qu’il fait nuit ici ? » À 21h30, le soleil était encore là. En Amazonie, à 18h, c’est la nuit noire. Et Camille, à la fin de l’enregistrement, reçoit un don rare : le Cacique Banē lui accorde un nom indigène et lui offre une peinture sacrée, en remerciement du travail qu’elle fait pour donner une voix aux peuples autochtones.

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