Gus (Augustin Dubar, alias GusTrotter) a 29 ans, il est de Lille, il est ingénieur, et depuis qu’il a découvert l’aventure en travaillant au Chili, il n’a plus qu’un rêve : faire le tour du globe à la force de ses jambes, de ses bras et du vent. Le 11 novembre 2023, il pose son fessier sur un vélo sous la pluie parisienne. 580 jours plus tard, il revient au jardin des Tuileries, exactement là où il était parti, en handbike, avec 100 personnes qui l’attendent et sa mère en larmes dans la foule.

Entre les deux : 82 semaines, 39 pays, 65 000 km. Un tour du monde à vélo de Paris à Singapour, en stop de Tokyo à Panama, en voilier des Caraïbes à la Bretagne, et à pied sur les 300 derniers kilomètres jusqu’à Paris. Une agression violente en Grèce à laquelle il a failli ne pas survivre. Un appartement prêté par une inconnue en Géorgie. La nuit la plus noire de sa vie sur la Pamir Highway avec un serpent dans l’eau jusqu’aux hanches. Le « bateau de l’enfer » en Jamaïque. Et 22 000 euros levés pour financer des prothèses sportives à de jeunes amputés.

Sa devise résume tout : « Le meilleur plan, c’est de ne pas avoir de plan. » Son message à ceux qui hésitent : « Tout est une aventure. Foncer. Ne pas procrastiner. Parce que la vie, elle est quand même assez courte. » Cet épisode en deux parties du podcast voyage Good Visa est une invitation à se lancer quoi qu’il arrive.

🎧 Partie 1 — De Paris à Singapour à vélo

🎧 Partie 2 — De Singapour à Paris par les Amériques et l’Atlantique

Les références :

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Le podcast Good Visa est produit et présenté par Camille Merel.

Musique : Camille Merel

Note : 5 sur 5.

Chapitres — Partie 1

00:37
Présentation, genèse du projet, état d’esprit, motivations
Gus se présente : 29 ans, lillois, ingénieur, passionné d’aventure depuis le Chili. La genèse du projet. Le sens solidaire : 22 000 euros pour des prothèses sportives avec l’association Génération Avant-Garde. Sa devise : « Le meilleur plan, c’est de ne pas avoir de plan. »
18:11
Catastrophe en Grèce…
En sortant d’Athènes, une agression violente dans un quartier dangereux. Gus se défend, instinct de survie. Il s’en sort mais s’effondre ensuite en hypothermie et hypoglycémie dans un fossé enneigé. « La journée la plus noire de ma vie. » Et pourtant, il ne rentre pas.
29:01
Suite du voyage en Géorgie, Russie… Anecdotes croustillantes !
Stélios et Élisabeth, le couple grec qui le sauve et l’héberge trois semaines comme leur fils. La Géorgie et une inconnue qui lui laisse les clés de son appartement alors qu’elle est absente. La traversée de la Russie avec Claire, Édouard et leur chien Svalbard.
38:34
La solitude à vélo
Dix mois seul sur un vélo. Comment Gus a appris à « s’amuser seul, rigoler seul, s’instruire seul », mais comment la solitude a quand même fini par frapper fort à partir de la seconde partie du voyage.
40:48
Asie Centrale : Kazakhstan, Ouzbékistan, Pamir Highway, Kirghizistan
Le désert du Mangistau au Kazakhstan, paysage lunaire le plus beau du voyage. L’Ouzbékistan et ses 200-300 km sans rien, hospitalité extraordinaire. La Pamir Highway : tente inondée, serpent dans l’obscurité, col à 4600 m, camp militaire tadjik.
54:10
L’arrivée en Chine, Laos et enfin Singapour !
La Chine traversée jusqu’au Laos. Arrivée à Singapour avec 10 kg de moins. Et la question qui se pose : comment traverser le Pacifique ? Réponse dans la partie 2.

Chapitres — Partie 2

00:00
La fin du voyage en Asie, le Canada et l’Amérique du Nord
Impossible de traverser le Pacifique en bateau : plan B, un seul avion Japon-Vancouver. Le « Tokyo Express » en stop à travers l’Asie du Sud-Est. Puis trois semaines de ressourcement dans les Rocheuses canadiennes et les retrouvailles avec Louis à LA.
15:07
Amérique Centrale
Les « chicken bus » au Guatemala, la vieille dame ivre endormie sur Louis. Le Salvador en bonne surprise. Le Costa Rica en déception. Et Panama comme dernier point avant les Caraïbes.
29:35
La traversée de l’Atlantique en bateau
Le « bateau de l’enfer » en Jamaïque, Haïti, la fuite en République dominicaine. Puis la Guadeloupe, Jessica et Sacha, et la vraie traversée atlantique en 23 jours. Les ciels nocturnes au milieu de l’océan, « parmi les plus belles choses » du voyage.
41:48
Un retour en France chargé en émotions
Retrouvailles en Bretagne, 700 km à courir pour finir à Paris. Blessure au tendon d’Achille au bout de 450 km. Les 300 derniers kilomètres en handbike avec l’association « À Tour de Bras ». Arrivée au jardin des Tuileries le 25 mai, 100 personnes, Stélios et Élisabeth présents, larmes et fierté.

GusTrotter : 580 jours, 39 pays et 65 000 km pour rendre le sport accessible à tous

Un vélo, un sac, et l’est comme seule boussole. Le 11 novembre 2023, Gus quitte Paris. 580 jours plus tard, il revient au jardin des Tuileries en handbike, sous les cris de 100 personnes réunies pour l’accueillir. Dans ce double épisode du podcast voyage Good Visa, Augustin Dubar alias GusTrotter raconte le tour du monde le plus imprévu, le plus humain et le plus fou qui soit.

GusTrotter : l’ingénieur de Lille qui ne procrastine jamais

Gus est lillois, ingénieur de formation, 29 ans. Ce qui le définit selon ses proches ? Dynamique, enthousiaste, positif. Et selon lui ? « J’ai toujours tendance à foncer sans trop réfléchir. » Sa philosophie se résume en une phrase revenue des dizaines de fois dans cet épisode : « Le meilleur plan, c’est de ne pas avoir de plan. » Le 11 novembre 2023, il pose sa démission, achète un vélo trois semaines avant le départ, et part. Direction l’est. Sans agenda précis.

22 000 euros pour des prothèses sportives

Avant de partir, Gus crée un projet concret en partenariat avec l’association Génération Avant-Garde, basée à Bordeaux. Le principe : lever des fonds pour financer des lames, ces prothèses sportives qui permettent à de jeunes amputés de reprendre le sport. « Je voulais donner un sens à mon aventure. Rendre le sport accessible à tous, c’est quelque chose qui me motivait au jour le jour. » Résultat : 22 000 euros levés sur 20 mois, trois à quatre bénéficiaires qui recevront leurs lames à son retour.

La Grèce et « la journée la plus noire de ma vie »

La première étape commence difficile. Dix jours de pédalage, une inflammation du périnée, l’Italie sous la pluie. Puis la Grèce. En sortant d’Athènes, son GPS le fait passer par un quartier qu’il ne connaît pas. Une quinzaine de jeunes, une agression soudaine et violente, sans un mot échangé. Gus se défend, instinct de survie. Il s’en sort, mais quelques heures plus tard, épuisé, il s’effondre dans un fossé enneigé en hypothermie et hypoglycémie. Un Grec qui passait par là le ramasse. Sa première phrase en reprenant conscience : « My bike, where is my bike ? » Le vélo était à l’arrière du pickup. Il ne rentrera pas.

Ce qui le sauve vraiment, c’est Stélios et Élisabeth, un couple grec qui l’accueille comme leur fils pendant trois semaines. Stélios lui fera passer des interviews à la télévision nationale grecque. Les gens commenceront à le reconnaître dans la rue. Ces « parents d’adoption » seront présents à son arrivée finale au jardin des Tuileries, plus d’un an plus tard.

L’hospitalité géorgienne et les déserts d’Asie centrale

La Géorgie lui offre une anecdote impossible à inventer : une jeune femme qui le suit sur les réseaux lui propose de loger chez elle à Kutaïsi. Sauf qu’elle n’est pas là. Elle lui cache les clés à l’extérieur et lui laisse son appartement pour plusieurs jours. « Je ne la connaissais pas du tout. Je ne l’avais jamais vue. Et elle me laissait son appartement. »

Puis l’Asie centrale. Le Kazakhstan, le désert du Mangistau avec Claire et Édouard, « le plus beau endroit que j’ai jamais vu de ma vie. » L’Ouzbékistan, seul dans le désert, 200-300 km sans rencontrer personne, avec une hospitalité extraordinaire : des inconnus qui s’arrêtent pour offrir de l’eau et de la nourriture. « Juste de la bonté humaine. » La Pamir Highway au Tadjikistan : une nuit dans une tente inondée, un serpent dans l’eau jusqu’aux hanches en pleine nuit, le col à 4600 mètres sous la tempête, et un camp militaire comme seul abri possible.

Le Pacifique impossible et le plan B

Gus arrive à Singapour avec dix kilos de moins. Il cherche depuis des mois à traverser le Pacifique en bateau. Après des centaines d’appels et de mails, la réponse est non. Plan B : un seul avion, de Tokyo à Vancouver, la plus courte distance possible entre l’Asie et l’Amérique. Il fait d’abord le « Tokyo Express » en stop à travers la Thaïlande, le Cambodge, le Vietnam, la Corée du Sud et le Japon. Puis trois semaines de randonnée dans les Rocheuses canadiennes. « Des vacances dans mon aventure. Ça m’a reboosté à 400 %. »

Les Amériques, les Caraïbes et le « bateau de l’enfer »

Aux États-Unis, Gus retrouve son meilleur ami Louis à Los Angeles. Trois semaines ensemble en Harley Davidson à travers les États-Unis et le Mexique. « La première fois depuis le début de mon aventure que je pouvais partager des moments exceptionnels avec quelqu’un. » Puis l’Amérique centrale, les volcans, les « chicken bus » du Guatemala, le Salvador en bonne surprise et le Costa Rica en déception.

En Jamaïque, il trouve un capitaine pour traverser les Caraïbes. Le bateau est dans un état catastrophique. La météo est désastreuse. Les tensions à bord montent. Après un détour contraint par Haïti dans des conditions difficiles, Gus profite d’une escale en République dominicaine pour quitter le bateau discrètement avec l’aide des militaires locaux. Quelques semaines en Guadeloupe, des petits boulots, et une nouvelle équipe pour la vraie traversée. 23 jours de Guadeloupe aux Açores. « Le ciel nocturne au milieu de l’Atlantique, sans aucune pollution lumineuse : parmi les plus belles choses que j’ai vues de toute mon aventure. »

700 km à courir jusqu’à Paris, et une arrivée hors du temps

Gus arrive en Bretagne. Sa mère et son frère l’attendent sur le quai. Mais l’aventure n’est pas encore terminée. Plus de 700 km à courir jusqu’à Paris, environ un marathon par jour. Dix jours plus tard et 450 km parcourus, le tendon d’Achille cède. Gros coup dur, larmes. Mais Gus ne s’arrête pas. Il contacte l’association « À Tour de Bras », qui accompagne des personnes tétraplégiques dans des aventures en handbike. Les 300 derniers kilomètres se font en handbike. « Ça donnait beaucoup de sens à finir comme ça. »

Le 25 mai, il arrive au jardin des Tuileries. Exactement là où il était parti à vélo 580 jours plus tôt. Une centaine de personnes l’attendent, dont Stélios et Élisabeth, ses « parents d’adoption » grecs, venus spécialement. Son père lui glisse un mot dans l’oreille au dernier kilomètre. Et Gus, en larmes, réalise : « Je l’ai fait. »

Le message de GusTrotter

Si Gus devait retenir un seul enseignement de 580 jours d’aventure, ce serait de ne pas procrastiner. « Tout ce que j’ai envie de faire, tout ce que j’ai envie de réaliser, peu importe le projet, peu importe le rêve : foncer. Ne pas attendre. Parce que la vie, elle est quand même assez courte. »

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